
Le Carré Mauve est le nom commercial du Plan Épargne Logement (PEL) distribué par le Crédit Agricole. Depuis le 1er janvier 2026, le taux d’épargne réglementaire des nouveaux PEL est fixé à 2,00 % brut annuel, ce qui conditionne directement le taux du prêt épargne logement associé. Comprendre la mécanique de calcul de ce taux permet d’évaluer précisément le coût d’un futur emprunt immobilier.
Formule de calcul du taux de prêt Carré Mauve : la marge de 1,20 %
Le taux du prêt épargne logement rattaché à un Carré Mauve suit une formule réglementaire simple pour les PEL ouverts depuis le 1er février 2015 :
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Taux du prêt = taux d’épargne du PEL + 1,20 % de commission
Pour un Carré Mauve souscrit à compter du 1er janvier 2026, le calcul donne : 2,00 % + 1,20 % = 3,20 % hors assurances. Ce taux de prêt est garanti dès la souscription et reste identique pendant toute la durée du plan, quelle que soit l’évolution ultérieure des taux de marché.
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Nous observons que cette formule n’est détaillée ni dans les mémos Carré Mauve du Crédit Agricole, ni dans les fiches produit mises à disposition en caisse régionale. La plupart des documents se contentent de mentionner le résultat (3,20 %) sans exposer le mécanisme de la marge. C’est pourtant cette décomposition qui permet de comparer le taux du carré mauve au Crédit Agricole avec celui d’un prêt immobilier classique négocié sur le marché.

Taux d’épargne et taux de prêt du Carré Mauve : deux logiques distinctes
Confondre le taux de rémunération de l’épargne et le taux du prêt est l’erreur la plus fréquente. Le taux d’épargne (2,00 % brut pour les PEL 2026) détermine la rémunération des sommes déposées sur le Carré Mauve. Le taux de prêt (3,20 %) est celui auquel la banque accordera un crédit immobilier, si le titulaire décide d’exercer ses droits à prêt.
La commission de 1,20 % constitue la rémunération de l’établissement prêteur. Elle est fixée par la réglementation et non par la caisse régionale. Aucune négociation n’est possible sur ce point, contrairement aux marges bancaires applicables aux crédits immobiliers classiques.
Impact de la fiscalité sur le rendement réel
Le taux d’épargne brut de 2,00 % ne correspond pas au rendement net perçu par l’épargnant. Les intérêts des PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, ce qui ramène le rendement net à environ 1,40 %. Ce chiffre mérite d’être mis en regard du taux de prêt de 3,20 % pour juger de la pertinence globale du Carré Mauve comme outil de financement immobilier.
Droits à prêt Carré Mauve : conditions et plafond
Le montant empruntable via un prêt épargne logement Carré Mauve dépend des intérêts acquis pendant la phase d’épargne. Le plafond maximal du prêt est fixé à 92 000 euros, mais le montant réel obtenu sera fonction de la durée d’épargne, du capital accumulé et des intérêts capitalisés.
Plusieurs contraintes encadrent l’utilisation de ce prêt :
- Le prêt épargne logement Carré Mauve finance exclusivement la résidence principale : achat, construction ou certains travaux. Résidence secondaire et investissement locatif sont exclus pour les générations récentes de PEL.
- La durée minimale d’épargne est de 4 ans avant de pouvoir exercer les droits à prêt. Une clôture avant 3 ans entraîne la perte définitive du droit à prêt.
- La prime d’État, quand elle est applicable, est conditionnée à la souscription d’un prêt épargne logement d’au moins 5 000 euros. Sans emprunt effectif, aucune prime n’est versée.
Versements obligatoires et plafond du Carré Mauve
Le versement initial minimum est de 225 euros. Les versements réguliers doivent atteindre au minimum 540 euros par an, soit 45 euros par mois, 135 euros par trimestre ou 270 euros par semestre. Le plafond de dépôt est fixé à 61 200 euros hors capitalisation des intérêts. Les retraits partiels sont impossibles : tout retrait entraîne la clôture du plan.

Comparer le taux du Carré Mauve avec les taux immobiliers du marché
Un taux de prêt à 3,20 % garanti à la souscription peut sembler attractif ou pénalisant selon l’évolution des conditions de marché. Nous recommandons de raisonner en coût total du crédit plutôt qu’en taux facial.
Quand les taux immobiliers classiques sont inférieurs à 3,20 %, exercer ses droits à prêt Carré Mauve n’a aucun intérêt financier. Le plan conserve alors uniquement sa fonction d’épargne (à un rendement net modeste après fiscalité). En revanche, si les taux du marché dépassent 3,20 %, le Carré Mauve devient un levier de financement compétitif, puisque le taux est figé au moment de l’ouverture du plan.
Le vrai calcul à mener est celui du coût d’opportunité sur la durée d’épargne obligatoire. Bloquer un capital pendant quatre ans minimum sur un support rapportant 1,40 % net, pour obtenir un prêt à 3,20 %, ne se justifie que si l’écart avec les taux de marché au moment de l’emprunt est suffisant pour compenser le manque à gagner sur la phase d’épargne.
La formule réglementaire du Carré Mauve (taux d’épargne + 1,20 %) fixe un cadre transparent. Toute la difficulté réside dans l’anticipation de l’environnement de taux au moment où le prêt sera effectivement sollicité, ce qui transforme le Carré Mauve en pari sur l’évolution des conditions de financement immobilier à moyen terme.